Après plus de 4 mois de voyage ça fait tout drôle de se retrouver à la fois si loin et si proche de la France. Si loin parce que Tahiti est à 22 H de vol de Paris (on vient rarement ici sur un coup de tête), mais si proche parce qu’une quantité de petites choses nous rappellent que nous sommes en territoire français. D’abord la langue, mine de rien c’est pas facile de reparler français avec les gens alors qu’on s’était habitué à baragouiner espagnol depuis si longtemps… on ne peut s’empêcher de dire « hola » quand on croise une personne ou « cuanto es ?» quand on achète des fruits au marché. Ah, et en parlant de nourriture, on s’est fait bien plaisir en allant faire nos courses chez Carrefour : chocos Prince, Nutella, pâté de campagne, fromage qui pue… c’est bon la France !! Et puis ça faisait longtemps que nous n’avions pas vu autant de français, les popaa, comme les surnomment les tahitiens (à cause de leur peau qui devient rouge au soleil, popaa voulant dire « grillé »). Ils représentent 11% de la population de Tahiti, sans compter tous les touristes français qui viennent vider leur porte-monnaie sur les îles. Comme on dit, la première impression est essentielle dans l’opinion qu’on se fait d’un pays… grâce à Pascale, Tahiti nous ait apparu comme la plus accueillante des îles : un collier de fleurs fraîches pour chacune à notre arrivée à l’aéroport, le gîte et le couvert dans sa nouvelle maison, et plein de bons conseils pour bien démarrer notre séjour. Après 4 jours d’averses (normal, c’est la saison des pluies), le soleil brille à nouveau. Ces aléas climatiques nous aura au moins permis de nous concocter un petit programme sympathique pour les 15 prochains jours : découverte des îles-sous-le-vent façon routarde, en bateau cargo. La « croisière » commence sur le pont du « Vaeanu », un gros bateau de fret qui s’arrête dans les principales îles-sous-le-vent (Huahine d’abord, puis Raiatea, Tahaa et Bora Bora). Sur le pont, les passagers installent leur natte sur le plancher, nous sommes les seuls popaa et c’est tant mieux, on adore voyager qu’avec les locaux, ça donne l’agréable impression de sortir des sentiers battus. Bien gentiment, une tahitienne nous propose de partager sa natte, on papote un petit peu avec elle et le tangage du bateau nous encourage vite à piquer un somme… la traversée durera 8H. Huahine Nous nous payons le luxe d’une petite cabine de plage dans une pension très sympa située au nord de l’île, le confort est sommaire mais le décor splendide : en face de notre bungalow la mer, des hibiscus, des manguiers, et les fameuses fleurs qui sentent si bon les îles : les tiarés. Promenade le long de la plage, rencontre avec les bernard lermites, les nanards comme on les appelle, et coup dur pour Aude qui trouve le moyen de se planter 3 épines d’oursin dans le pied… seule solution : se faire pipi dessus. En arrivant au petit port de Huahine, on improvise une plongée dans la passe. La visibilité n’est pas très bonne et nous devons lutter contre le courant pour aller voir les gros poissons : requins pointe noire et banc de bécunes (genre de barracudas). Au cours de la plongée, nous faisons connaissance avec Bruno et Guillaume, deux charpentiers venus vivre en Polynésie. Quelle belle rencontre ! Après une bonne soirée à discuter (à tiarer comme dit Bruno), on ne les aurait plus quittés ! Ils nous ont fait découvrir cette île magnifique, et nous ont concocté de succulentes spécialités : poissons perroquets panés, thon cru, taros… et « Bruno les bons tuyaux » nous a donné de super contacts pour profiter au max de notre séjour sur les îles . Maintenant un peu de sport, ce n’est pas parce qu’on est dans les îles qu’il ne faut rien faire... quoique !!? petit tour dans l’île à vélo (pourris, on nous entend arriver à 2 kms à la ronde !) et snorkelling dans le beau lagon de Huahine à la découverte des poissons clowns, des picassos... et de petits labres nettoyeurs qui offrent une épilation gratuite à Fanny (et y’a du boulot !). Après avoir « raté » un fois notre bateau pour aller à Bora (les îles sont pleines de suprises ! il faut savoir composer avec les évènements), nous finissons par prendre le cargo le surlendemain à 2h du matin. Pour abandonner Bora, il en faut plus que ça ! Bora Bora L’île mythique de Bora Bora... qui n’a pas rêvé d’y passer quelques jours, voire quelques semaines ! Son lagon est réputé le plus beau du monde : une seule passe permet d’y accéder, des motus (îlets) l’entoure totalement. Ici, c’est le paradis pour les plongeurs, autant vous dire que nous nous sommes régalées. C’ était la première fois que nous plongions avec autant de requins, requins à pointe noire, requins gris, requins citron... les sites de plongée de Bora sont vraiment fascinants et la visibilité permet d’observer tranquillement les ballets sous-marins des poissons multicolores. Le poisson est beau sous l’eau mais il est aussi très bon dans l’assiette ! Qui va en Polynésie doit essayer le poisson cru au lait de coco, un régal ! à ne pas confondre avec le fafaru, une spécialité tahitiennne : du poisson fermenté dans l’eau de mer, enfin du poisson vert, pourri et qui pue que nous avons eu le « plaisir » de déguster sur un cargo !! Dès notre arrivée, nous sommes généreusement hébergées par Pépé, enfin Marc, mais comme c’est un bon gars du Périgord, ses amis l’appellent Pépé. Accueillies comme ses cousines (pour ne pas lui attirer les foudres de sa vahiné), nous avons bien sympathisé autour de l’apéro local, la bière Hinano. Maupiti Nous sommes parties une journée sur Maupiti pour faire le tour de cette petite île à vélo. Une île qui reste encore sauvage, ici pas de tourisme de masse et tant mieux ! Une journée à profiter de la nature verdoyante de cette île qui ne fait que 9kms de long, à faire des concours de dérapages controlés avec le rétro-pédalage de nos vélos, à se baigner dans une eau limpide dans un décor de carte postale, à discuter avec une mamie locale sur les légendes de son île, à déguster un bon poisson grillé pêché le matin... une journée comme on les aime... une île qui nous aura vraiment charmé. Moorea Le tour de l’ île fait près de 80kms, du coup cette fois nous optons pour le scooter. Une bonne solution pour découvrir à notre rythme les champs d’ananas, la vue du belvédère, les petites églises colorées, la montagne dentelée, les plages de sable blanc et leurs palmiers. Ici aussi nous ne pouvons pas résister à aller voir ce qui se passe sous l’eau. Direction le Tiki, un site ou là encore un bon comité d’accueil nous attend : une bonne dizaine de requins ! Une particularité du site, la station de lavage : les requins se font curer les dents pour les petits labres nettoyeurs. On a assisté à cette scène amusante ou chaque requin passe à tour de role en se désarticulant la machoire pour une efficacité totale (de quoi faire une belle pub pour Signal !) Tahiti Avant de quitter la Polynésie, Pascale, se transforme en guide pour nous faire découvrir les plus beaux endroits de l’île, loin de l’ambiance sur-animée de Papeete : plage de sable noir, trou du souffleur, cascades, vues panoramiques de la grande île et de sa presqu’île. Un séjour qui se termine en beauté... 20 jours ce n’est vraiment pas de trop pour prendre le temps de vivre comme des vahinés !
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